La harcèlement, voilà bien un sujet qui touche beaucoup de personnes de nos jours.
Moi-même, j'ai été atteinte par cette forme de méchanceté pure.
Pour cette première partie, j'ai envie de vous parler des effets du harcèlement sur ma vie, n'hésitez pas à dire en commentaire si vous avez été harcelé, ce que ça vous a fait.
Petite, j'adorais le théâtre.
Quand je montais sur scène, c'était merveilleux, je devenais le personnage, tout s'effaçait autour de moi, il ne restait que la scène et les acteurs qui évoluaient dessus. Je faisais partie de l'histoire que je jouait. Peu m'importait la réaction des autres car je me savais parfaite quand je jouais. Le texte, je le connaissais sur le bout des doigts et pas seulement le mien, je savais aussi celui des autres. Mes intonations, mon personnage, le volume de ma voix, tout me convenait.
Je ne cherchais pas à être la meilleure, mais à être parfaite comme actrice. Ce, même si je jouais pour la centaines de parents d'élèves présents au spectacle de noël de notre école primaire.
La foule ne me faisait ni chaud ni froid.
Mais tout ça à changé !
La cause ?
Le harcèlement.
Aujourd'hui, quand je monte sur scène je me demande ce que les autre vont penser de ma prestation.
Au collège et plus tard au lycée, lorsque que je devais passer devant la classe pour un exposé où un poème, je devais chanter une chanson pour me "rassurer".
Une fois que j'ai chanté cet air dans ma tête, je commence à réciter.
"Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages
Dans la nuit éternelle emportés sans retour
Ne pourrons nous jamais, sur l'océan des âges
Jetter l'ancre un seul jour ?"
J'accélère le rythme de récitation, brisant le poème, "Je veux que ça se termine vite".
"Ô lac, l'année à peine, à finie sa carrière
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir
Regarde, je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Ou tu l'as vit s’asseoir."
Deux couplets récités, et déjà, mes jambes tremblent, je deviens rouge. "ARRÊTER DE ME REGARDER" "FERMEZ LES YEUX", "Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien se dirent ?"
Vite, il faut chanter :
"J'me lance, j'men fiche de c'que les gens pensent, ces regards qu'on me lance, désormais je m'en fous!"
La prof me regarde, elle pense que j'ai oublier la suite, faux, je connais pas cœur, je sais, mais j'ai peur. Malgré cela, elle me souffle le début du vers suivant.
- Tu mugissais
Aller, reprends, vite.
"Tu mugissais ainsi sous ses roches profondes
Ainsi, tu te brisais sur leur flanc déchirée,
Ainsi, le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ces pieds adorés"
[...]
Le poème est fini, enfin. J'annonce.
"Le lac, Alphonse de Lamartine"
Et je vais m’asseoir en vitesse, tremblent, le cœur qui bat à cent à l'heure. Est-ce qu'ils vont encore se moquer de moi ? Es qu'ils vont me juger ? M'insulter ? Me frapper ? J'ai peur... tellement peur.
Le Harcèlement, avec un grand H, m'a donné peur, pas du regard des autres, mais de ce qu'ils pourraient me faire s'ils ne m'aiment pas. Maintenant, je suis toujours partagée entre un "Hé, regarder moi, je suis cool" et un "Ne faites pas attention à moi, je ne suis pas là".
C'est si stupide comme pensées.
On se fait Harceler parce qu'on est soit disant rien, nul, invisible.
Moi je pense que le harceleur se sent être rien, nul, invisible, alors il se donne de l'importance, et il y arrive, il en a. Pour nous, il devient un monstre. [Hey ! Psst ! Clique ici !] C'est lui qui nous détruit, le "méchant".
Ah oui ! Mais finalement, il n'est rien, et il n'aura rien.
Il veut se montrer fort, mais il éloigne les autres de lui. Ne reste à ses côtés que quelques personnes qui suivent son mouvement pour pas être reclus, pour ne pas être seul. Pour ne pas être rejeté, quitte à en rejeter d'autre pour garder une place qu'on à peur de perdre.
C'est une boucle vicieuse.
Mais je suis sûre qu'elle est telle que je la décrit.