• Témoignage et article de CielEclair

    Ah, que la vie est belle pour ceux qui vous font du mal.

    Incapable de parler ou trop effrayé pour cela, ils ne risquent pas d’avoir d’ennuis. Et puis, les adultes ne font rien. Pourquoi cela changerait ?

    « C’était pour rire. »

    Cette phrase vous rappelle-t-elle quelque chose ?

    Il s’agit de la défense des harceleurs.

    Vous faire tomber, c’était pour rire.

    Vous insulter, c’était pour rire.

    Vous frapper, c’était pour rire.

    Mais pour les personnes qui subissent cela, ce n’est pas une blague.

    Non. C’est tout le contraire. Les harceleurs les font souffrir. L’ennuie, c’est qu’ils ne s’en rendent pas compte.

    Le Harcèlement est probablement le pire fléau de notre siècle. Il est difficile de savoir comment cela a pu aller aussi loin. J’imagine que les deux guerres mondiales y sont pour quelque chose.

    Cette bêtise a toujours existé mais n’a jamais eu autant d’impact sur notre société.

    Les témoignages à ce sujet ne manquent pas.

    Il est temps pour moi de vous parler de mon expérience.

     

    On dit que la vie est un cadeau. Mais, pour moi, c’est un fardeau.

    Toujours se battre.

    Toujours garder la tête haute.

    Toujours tout cacher.

    Telles sont mes techniques pour faire croire aux harceleurs que leurs actions ne m’atteignent pas.

    Mais c’était une erreur.

    Sans jamais avoir le temps de savoir qui j’étais, on m’a fait vivre un Enfer.

    Je n’avais que trois ans quand des idiots m’ont enfermé dans les toilettes de la maternelle. C’est ainsi que le Harcèlement débuta mais ce n’était que de petites choses.

    Cependant, cela avait suffi pour que je doive saluer mon masque et pour me rendre irritable et susceptible.

     

    En primaire, j’étais surnommée le « Mur de Pierre » puisque je ne vacillais que très peu quand on me bousculait à cinq.

    Insultée, moquée et bousculée, mon masque me permit de les ignorer. Mais ce n’était pas pour autant que je n’en souffrais pas.

    Oui, je participais sans arrêt en cours.

    Oui, je discutais beaucoup pendant les pauses.

    Mais, sans mon masque, cela m’aurait été impossible.

    Il est vrai que je me suis moquée d’une personne avec des amies quand j’étais en primaire. Ce garçon m’a fait un coquard pour se défendre. J’ai été voir les professeurs qui surveillaient la cour de récréation qui ont disputé celui qui avait été ma victime.

    Aujourd’hui, je m’en mords les doigts. Parce qu’il était hyperactif, je m’étais permis de suivre mes amies et de me moquée de lui.

     

    Le collège ne fut pas plus facile que la primaire.

    Dès le début de la sixième, deux filles ont tenté de me faire passer par-dessus la rembarre de sécurité des escaliers alors que nous étions au troisième étage. Par chance, mon jumeau nous a séparé.

    Seule, moquée, insultée et j’en passe.

    Mes amies de primaire m’avaient abandonné après m’avoir utilisé.

    Le Harcèlement continua sans jamais que je ne puisse en comprendre la raison.

    La troisième arriva puis le brevet. Je commençai à réviser en mai, ce qui était une mauvaise idée.

    Je débutai par l’histoire. Cependant, le Harcèlement avait pris tant de place que je fus incapable de retenir ne serait-ce qu’une date.

    Mes parents, refusant de me croire quand je leur disais que je ne parvenais pas à réviser, me disputaient sans arrêt.

    Ne pas réussir à réviser me faisait du mal.

    Être disputée pour cela m’énervait.

    C’est ainsi que j’attrapa mes ciseaux et que je frottai une lame sur mon avant-bras et ce, jusqu’à avoir une couche de pue qui me brûlait beaucoup. Mais je ne faisais pas cela pour mourir ou calmer la douleur. Non. Je faisais cela dans l’optique d’être hospitalisée afin d’être loin de tout.

     

    Arriva la seconde dans une Maison Familiale Rurale (MFR). La pire période que j’ai connu.

    En plus du Harcèlement, on profitait de ma gentillesse pour avoir de l’argent. Chaque semaine, il ne me restait que cinq euros sur les soixante que je prenais.

    Étant une formation en alternance, j’avais deux semaines de cours puis deux semaines de stage. Ce fonctionnement me permit de perdre moins d’argent.

    De plus, ma formation ne me plaisait pas.

    Je tentai plusieurs automutilations avant de passer à la prise de médicaments. Pour ce dernier, je ne m’arrêtais qu’une fois malade.

    Mes parents me répétaient souvent la même phrase sans savoir que j’agissait comme une personne suicidaire : « Seuls les lâches se suicident. »

    Une phrase aussi stupide que fausse.

    Puis vint le jour où je fuguai. Une fugue d’une journée. Mais, une fois dans le bureau des policiers, je ne parlai pas du Harcèlement alors que c’était l’occasion.

    J’avoue regretter mon silence.

    Je pus cesser ma formation et retourner en troisième pour le troisième trimestre.

    Cette fois-ci, les professeurs se mirent à me ridiculiser tandis que le Harcèlement continuait.

     

    Une fois dans mon nouveau lycée (mon lycée actuel), trois filles voulurent se battre contre moi. Ma classe me défendait. Mais ils ne pouvaient me défendre dans la forêt et elles en profitèrent. Heureusement, il n’y eut pas de combat.

    Puis, un garçon de ma classe se mit à me Harceler à son tour tandis que les trois filles ont été exclues.

    Il m’appelle « Etrangeté », « Alien » ou encore « Pronote » parce que je suis différente et que je connais toujours les nouvelles pour les cours.

    Je dois admettre que, avec mon passé, le fait qu’il me harcèle est supportable.

    Le plus dur, c'est de l'entendre insulter une amie de tous les noms et ce, depuis la troisième.

    Je les ai connus en seconde mais mon amie m'a déjà expliqué qu'elle subissait cela depuis la troisième.

    Je n'ai malheureusement pas le courage de réagir puisque ce garçon me harcèle aussi et que j'ai connu le Harcèlement pendant longtemps.

    La peur prend le dessus, mais, le plus grave, c'est que j'en rigole.

    Rire est une mauvaise habitude que j'ai prise. Croyant que cela ferait cesser le Harcèlement, j'ai toujours tout fait pour ne rien montrer. Au final, je ris quand il faudrait grogner.

    Quand une amie va mal, je vais mal. Et ma compassion n'arrange rien.

    Prendre mon téléphone et s'enfuir avec, faire des mouvements qui veulent dire "Tu pues" et "Tu es moche", prendre mes lunettes, utiliser une voix de crécelle en répétant mes paroles, etc. Telles sont les choses qu'il me fait.

    Chaque jour, j’espère qu'il ne soit pas là. Chaque jour, j'ai peur de lui.

    Mais surtout, chaque jour, c'est la même chose.

     

    Nous disons que nous irons voir notre professeur principal mais nous ne le faisons pas.

    Alors, mon amie se défend vainement et moi, je rigole bêtement.

     

    Il ne faut pas omettre le fait que ma classe oublie sans cesse de me prévenir quand un changement à lieu pour les cours. Même mes amis m’oublient.

    La seule qui pensent à moi est celle qui se fait harceler par le même garçon que moi.

     

    Aujourd’hui, j’ai 18 ans et je vis toujours dans le Harcèlement. Mon unique but et mes amis sur Eklablog sont ce qui me permet de tenir même si je peux avaler des médicaments quand je suis à bout.

    Oui, le Harcèlement a anéanti ma vie. Mais il ne détruira pas mon unique but.

    Cependant, je suis incapable de participer en cours alors que j’adore cela.

    Je n’assume pas mes goûts, cherchant toujours à être ce qu’ils veulent que je sois.

    Je me suis renfermée dans le travail, terminant très fréquemment de travailler à 23h45, et dans les RPG’s.

    La dépression me suit depuis plusieurs années.

    Je suis incapable d’en parler dans la vrai vie.

    Mais, surtout, une amie a parlé du Harcèlement que j’ai connu à une aide-soignante qui me conseille d’aller au CMP de Condorcet, ce que je n'ai pas le courage de faire.

     

    Si j’avais un conseil à donner, ce serait le suivant :

    Ne restez pas seul face au Harcèlement


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  • Le pouvoir des mots :

    N"ai pas peur chère enfant, les larmes sécherons toutes seules. Elles partirons, te laisserons tranquille. Ce n'est qu'une question de temps. Leur mots sont aussi affutés que de violentes épées; mais ce ne sont que des mots, ils peuvent s'envoler dans le vent. Les mots peuvent être effacer, retirés. Alors que les coups d'une épée, tu peux simplement les contrés en espérant ne pas être toucher, en priant pour être assez bon pour tuer avant de mourir.

    Soumission, soumission. Écoute les anciens car ils ont raisons. Leur souvenirs sont des leçons, leur mots, des armures qui te protégerons. Tant de choses étranges en ce monde. Les pleurs avant les rires. La souffrance avant la guérison. La guerre avant la paix. Le colère, avant le pardon.

    Un bonnet sur la tête pour ne pas avoir froid, tu t'en vas dans la neige sans faire attention d'où tu vas. Colère insoutenable qu'engendre cette trahison. Sans prévenir elle à frappé, abattant ses mots violant sur ton cœur encore fragiliser. Secret dévoilé avant que tu ne sois prêt à le révélé. Amitié déchiré par des mots qui ne devait dépasser vos lèvres complices. Ah ! Horrible temps des supplices. Sans que tu n'est pus le voir arriver, les mots on dévoilé ce que tu gardais de plus précieux, ton secret.

    Soumission pour soumission quitte à perdre autant de donner tout entier. Trahison pour trahison autant toi aussi détruire celui qui fut autrefois ton ami. Tes mots partent, attaquent et reviennent vainqueur destructeur d'une vie. Vengeance de la tienne anéantie. Des pleurs jusqu'au pardon. Au retour de ses mots fait attention.

    Regarde ou tu met les pieds, tu pourrais finir par tomber, qui seras en mesure de t'aider à te relever ? Ici nous sommes ensembles mais avançons seul. Si l'un de nous tombe, nous devons l'enfoncer pour ne pas risquer de chuter.

    Tel est le pouvoir des mots, détruire pour ne pas l'être. Être détruit mais ce venger.


    Un poème d'Aegea
    Tout droits réservés.


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  • La harcèlement, voilà bien un sujet qui touche beaucoup de personnes de nos jours.
    Moi-même, j'ai été atteinte par cette forme de méchanceté pure.
    Pour cette première partie, j'ai envie de vous parler des effets du harcèlement sur ma vie, n'hésitez pas à dire en commentaire si vous avez été harcelé, ce que ça vous a fait.


     

    Petite, j'adorais le théâtre.
    Quand je montais sur scène, c'était merveilleux, je devenais le personnage, tout s'effaçait autour de moi, il ne restait que la scène et les acteurs qui évoluaient dessus. Je faisais partie de l'histoire que je jouait. Peu m'importait la réaction des autres car je me savais parfaite quand je jouais. Le texte, je le connaissais sur le bout des doigts et pas seulement le mien, je savais aussi celui des autres. Mes intonations, mon personnage, le volume de ma voix, tout me convenait. 
    Je ne cherchais pas à être la meilleure, mais à être parfaite comme actrice. Ce, même si je jouais pour la centaines de parents d'élèves présents au spectacle de noël de notre école primaire.
    La foule ne me faisait ni chaud ni froid.

    Mais tout ça à changé !

    La cause ?

    Le harcèlement.

    Aujourd'hui, quand je monte sur scène je me demande ce que les autre vont penser de ma prestation.
    Au collège et plus tard au lycée, lorsque que je devais passer devant la classe pour un exposé où un poème, je devais chanter une chanson pour me "rassurer".

     

    Une fois que j'ai chanté cet air dans ma tête, je commence à réciter.

    "Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour
    Ne pourrons nous jamais, sur l'océan des âges
    Jetter l'ancre un seul jour ?"

    J'accélère le rythme de récitation, brisant le poème, "Je veux que ça se termine vite".

    "Ô lac, l'année à peine, à finie sa carrière
    Et près des flots chéris qu'elle devait revoir
    Regarde, je viens seul m’asseoir sur cette pierre 
    Ou tu l'as vit s’asseoir."

    Deux couplets récités, et déjà, mes jambes tremblent, je deviens rouge. "ARRÊTER DE ME REGARDER" "FERMEZ LES YEUX", "Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien se dirent ?"

    Vite, il faut chanter :
    "J'me lance, j'men fiche de c'que les gens pensent, ces regards qu'on me lance, désormais je m'en fous!"

    La prof me regarde, elle pense que j'ai oublier la suite, faux, je connais pas cœur, je sais, mais j'ai peur. Malgré cela, elle me souffle le début du vers suivant. 

    - Tu mugissais

    Aller, reprends, vite.

    "Tu mugissais ainsi sous ses roches profondes
    Ainsi, tu te brisais sur leur flanc déchirée,
    Ainsi, le vent jetait l'écume de tes ondes
    Sur ces pieds adorés"

    [...]

    Le poème est fini, enfin. J'annonce.

    "Le lac, Alphonse de Lamartine"

    Et je vais m’asseoir en vitesse, tremblent, le cœur qui bat à cent à l'heure. Est-ce qu'ils vont encore se moquer de moi ? Es qu'ils vont me juger ? M'insulter ? Me frapper ? J'ai peur... tellement peur.


     Le Harcèlement, avec un grand H, m'a donné peur, pas du regard des autres, mais de ce qu'ils pourraient me faire s'ils ne m'aiment pas. Maintenant, je suis toujours partagée entre un "Hé, regarder moi, je suis cool" et un "Ne faites pas attention à moi, je ne suis pas là".

    C'est si stupide comme pensées.
    On se fait Harceler parce qu'on est soit disant rien, nul, invisible.
    Moi je pense que le harceleur se sent être rien, nul, invisible, alors il se donne de l'importance, et il y arrive, il en a. Pour nous, il devient un monstre.  [Hey ! Psst ! Clique ici !] C'est lui qui nous détruit, le "méchant".
    Ah oui ! Mais finalement, il n'est rien, et il n'aura rien.
    Il veut se montrer fort, mais il éloigne les autres de lui. Ne reste à ses côtés que quelques personnes qui suivent son mouvement pour pas être reclus, pour ne pas être seul. Pour ne pas être rejeté, quitte à en rejeter d'autre pour garder une place qu'on à peur de perdre.

    C'est une boucle vicieuse.
    Mais je suis sûre qu'elle est telle que je la décrit.

     


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