• Le Harcèlement, fléau du XXIème siècle

    Témoignage et article de CielEclair

    Ah, que la vie est belle pour ceux qui vous font du mal.

    Incapable de parler ou trop effrayé pour cela, ils ne risquent pas d’avoir d’ennuis. Et puis, les adultes ne font rien. Pourquoi cela changerait ?

    « C’était pour rire. »

    Cette phrase vous rappelle-t-elle quelque chose ?

    Il s’agit de la défense des harceleurs.

    Vous faire tomber, c’était pour rire.

    Vous insulter, c’était pour rire.

    Vous frapper, c’était pour rire.

    Mais pour les personnes qui subissent cela, ce n’est pas une blague.

    Non. C’est tout le contraire. Les harceleurs les font souffrir. L’ennuie, c’est qu’ils ne s’en rendent pas compte.

    Le Harcèlement est probablement le pire fléau de notre siècle. Il est difficile de savoir comment cela a pu aller aussi loin. J’imagine que les deux guerres mondiales y sont pour quelque chose.

    Cette bêtise a toujours existé mais n’a jamais eu autant d’impact sur notre société.

    Les témoignages à ce sujet ne manquent pas.

    Il est temps pour moi de vous parler de mon expérience.

     

    On dit que la vie est un cadeau. Mais, pour moi, c’est un fardeau.

    Toujours se battre.

    Toujours garder la tête haute.

    Toujours tout cacher.

    Telles sont mes techniques pour faire croire aux harceleurs que leurs actions ne m’atteignent pas.

    Mais c’était une erreur.

    Sans jamais avoir le temps de savoir qui j’étais, on m’a fait vivre un Enfer.

    Je n’avais que trois ans quand des idiots m’ont enfermé dans les toilettes de la maternelle. C’est ainsi que le Harcèlement débuta mais ce n’était que de petites choses.

    Cependant, cela avait suffi pour que je doive saluer mon masque et pour me rendre irritable et susceptible.

     

    En primaire, j’étais surnommée le « Mur de Pierre » puisque je ne vacillais que très peu quand on me bousculait à cinq.

    Insultée, moquée et bousculée, mon masque me permit de les ignorer. Mais ce n’était pas pour autant que je n’en souffrais pas.

    Oui, je participais sans arrêt en cours.

    Oui, je discutais beaucoup pendant les pauses.

    Mais, sans mon masque, cela m’aurait été impossible.

    Il est vrai que je me suis moquée d’une personne avec des amies quand j’étais en primaire. Ce garçon m’a fait un coquard pour se défendre. J’ai été voir les professeurs qui surveillaient la cour de récréation qui ont disputé celui qui avait été ma victime.

    Aujourd’hui, je m’en mords les doigts. Parce qu’il était hyperactif, je m’étais permis de suivre mes amies et de me moquée de lui.

     

    Le collège ne fut pas plus facile que la primaire.

    Dès le début de la sixième, deux filles ont tenté de me faire passer par-dessus la rembarre de sécurité des escaliers alors que nous étions au troisième étage. Par chance, mon jumeau nous a séparé.

    Seule, moquée, insultée et j’en passe.

    Mes amies de primaire m’avaient abandonné après m’avoir utilisé.

    Le Harcèlement continua sans jamais que je ne puisse en comprendre la raison.

    La troisième arriva puis le brevet. Je commençai à réviser en mai, ce qui était une mauvaise idée.

    Je débutai par l’histoire. Cependant, le Harcèlement avait pris tant de place que je fus incapable de retenir ne serait-ce qu’une date.

    Mes parents, refusant de me croire quand je leur disais que je ne parvenais pas à réviser, me disputaient sans arrêt.

    Ne pas réussir à réviser me faisait du mal.

    Être disputée pour cela m’énervait.

    C’est ainsi que j’attrapa mes ciseaux et que je frottai une lame sur mon avant-bras et ce, jusqu’à avoir une couche de pue qui me brûlait beaucoup. Mais je ne faisais pas cela pour mourir ou calmer la douleur. Non. Je faisais cela dans l’optique d’être hospitalisée afin d’être loin de tout.

     

    Arriva la seconde dans une Maison Familiale Rurale (MFR). La pire période que j’ai connu.

    En plus du Harcèlement, on profitait de ma gentillesse pour avoir de l’argent. Chaque semaine, il ne me restait que cinq euros sur les soixante que je prenais.

    Étant une formation en alternance, j’avais deux semaines de cours puis deux semaines de stage. Ce fonctionnement me permit de perdre moins d’argent.

    De plus, ma formation ne me plaisait pas.

    Je tentai plusieurs automutilations avant de passer à la prise de médicaments. Pour ce dernier, je ne m’arrêtais qu’une fois malade.

    Mes parents me répétaient souvent la même phrase sans savoir que j’agissait comme une personne suicidaire : « Seuls les lâches se suicident. »

    Une phrase aussi stupide que fausse.

    Puis vint le jour où je fuguai. Une fugue d’une journée. Mais, une fois dans le bureau des policiers, je ne parlai pas du Harcèlement alors que c’était l’occasion.

    J’avoue regretter mon silence.

    Je pus cesser ma formation et retourner en troisième pour le troisième trimestre.

    Cette fois-ci, les professeurs se mirent à me ridiculiser tandis que le Harcèlement continuait.

     

    Une fois dans mon nouveau lycée (mon lycée actuel), trois filles voulurent se battre contre moi. Ma classe me défendait. Mais ils ne pouvaient me défendre dans la forêt et elles en profitèrent. Heureusement, il n’y eut pas de combat.

    Puis, un garçon de ma classe se mit à me Harceler à son tour tandis que les trois filles ont été exclues.

    Il m’appelle « Etrangeté », « Alien » ou encore « Pronote » parce que je suis différente et que je connais toujours les nouvelles pour les cours.

    Je dois admettre que, avec mon passé, le fait qu’il me harcèle est supportable.

    Le plus dur, c'est de l'entendre insulter une amie de tous les noms et ce, depuis la troisième.

    Je les ai connus en seconde mais mon amie m'a déjà expliqué qu'elle subissait cela depuis la troisième.

    Je n'ai malheureusement pas le courage de réagir puisque ce garçon me harcèle aussi et que j'ai connu le Harcèlement pendant longtemps.

    La peur prend le dessus, mais, le plus grave, c'est que j'en rigole.

    Rire est une mauvaise habitude que j'ai prise. Croyant que cela ferait cesser le Harcèlement, j'ai toujours tout fait pour ne rien montrer. Au final, je ris quand il faudrait grogner.

    Quand une amie va mal, je vais mal. Et ma compassion n'arrange rien.

    Prendre mon téléphone et s'enfuir avec, faire des mouvements qui veulent dire "Tu pues" et "Tu es moche", prendre mes lunettes, utiliser une voix de crécelle en répétant mes paroles, etc. Telles sont les choses qu'il me fait.

    Chaque jour, j’espère qu'il ne soit pas là. Chaque jour, j'ai peur de lui.

    Mais surtout, chaque jour, c'est la même chose.

     

    Nous disons que nous irons voir notre professeur principal mais nous ne le faisons pas.

    Alors, mon amie se défend vainement et moi, je rigole bêtement.

     

    Il ne faut pas omettre le fait que ma classe oublie sans cesse de me prévenir quand un changement à lieu pour les cours. Même mes amis m’oublient.

    La seule qui pensent à moi est celle qui se fait harceler par le même garçon que moi.

     

    Aujourd’hui, j’ai 18 ans et je vis toujours dans le Harcèlement. Mon unique but et mes amis sur Eklablog sont ce qui me permet de tenir même si je peux avaler des médicaments quand je suis à bout.

    Oui, le Harcèlement a anéanti ma vie. Mais il ne détruira pas mon unique but.

    Cependant, je suis incapable de participer en cours alors que j’adore cela.

    Je n’assume pas mes goûts, cherchant toujours à être ce qu’ils veulent que je sois.

    Je me suis renfermée dans le travail, terminant très fréquemment de travailler à 23h45, et dans les RPG’s.

    La dépression me suit depuis plusieurs années.

    Je suis incapable d’en parler dans la vrai vie.

    Mais, surtout, une amie a parlé du Harcèlement que j’ai connu à une aide-soignante qui me conseille d’aller au CMP de Condorcet, ce que je n'ai pas le courage de faire.

     

    Si j’avais un conseil à donner, ce serait le suivant :

    Ne restez pas seul face au Harcèlement


  • Commentaires

    1
    Mercredi 24 Octobre à 10:53

    Toujours être le souffre  douleur de quelqu' un est  usant  et met le moral à zéro !

    Mais  sont responsables aussi ceux qui voient, entendent,  mais se taisent

    2
    Mercredi 24 Octobre à 11:23

    Je suis d'accord avec toi, trublion.

    Seules les victimes ne sont pas coupables.

    Leur seule erreur est de ne rien dire. Mais c'est compréhensif.

    La peur de paraître faible, la honte et j'en passe. C'est difficile de lutter.

    3
    Jeudi 25 Octobre à 09:54

    Je connais personnellement quelqu'un qui du fait de ses problèmes de santé est souvent sous le joug des harceleurs. Sa mère se bat comme une louve chaque fois qu'il est nécessaire.

    Elle a noté que les autorités minimisaient toujours les choses et refusaient de mettre le mot harcèlement sur des faits et actes tels que violences verbales, vol répétés d'affaires, partage sur les réseaux sociaux de photos avec insultes, coups et blessures...

    Clairement, quand il s'agit de certaines ethnies les gendarmes ont les pétoches et refusent de prendre la plainte même si les coups sont avérés ! Cela s'est arrangé à leur amiable à eux, sans aucune reconnaissance de l'état de victime de cette jeune personne et la mère devait accompagner sa fille pour être sûre qu'elle ne se fasse plus taper sur le chemin du collège.

    Changement d'établissement et rebelote mais cette fois ci la mère a mordu et si l'équipe pédagogique a refusé une fois de plus le mot harcèlement (mettant le mot taquineries pour des vols, insultes, dénigrement... à répétition) tout à cessé et les fautifs se sont excusés, une des pires est devenue proche de la jeune et se répandait en excuses constante (elle était elle même maltraitée chez elle) 

    Dans son lycée, une prof d'anglais a carrément fais à deux reprises la même bévue omettant de l'inclure dans l'appel alors qu'elle était bien dans son groupe et pire encore à lancer volontairement les élèves sur cette jeune personne et notamment une élève a été viscéralement la plus teigne et garce engendrant la tollé générale contre la jeune. La prof a refusé de reconnaître son erreur et on a préféré dire que c'était cette jeune victime qui exagérait les faits.

    Alors moralité, tant que nous aurons des équipes pédagogiques - administratives - directives - ... - qui joueront à la politique de l'autruche tout en criant haut et fort "mais quel scandale ce harcèlement" et qui continueront à participer au harcèlement par leur déni voire tout simplement par le fait d'en rajouter des couches on sera loin de résoudre ce gros problème.

    Car une chose est sûre :

    la loi est une chose

    l'appliquer en est une autre

    et gare à celui qui ose remettre en question ce système

    4
    Jeudi 25 Octobre à 11:12

    Les harceleurs sont des malades qui doivent se faire soigner
    ... juste un détail :
    je ne mets pas de majuscule à harcèlement !
    bon courage
    Bernard

    5
    Jeudi 25 Octobre à 11:25

    Pour ma part, la majuscule à "harcèlement" à toute sa place. 

    Je suppose que ceux qui aurons été toucher par ce fait comprendrons la raison pour la quel, quand quelqu'un à souffert du harcèlement, il le met au grade de quelque chose de plus important avec un H au lieu d'un h qui caractérise une nuance assez grande.

    Chacun à sa façon de présenter les choses...

    Bonne journée, Aegea.

    6
    Jeudi 25 Octobre à 11:28

    C'est désolant de voir combien le monde a été anéanti. 

    Le respect n'existe plus. Mais c'est même pire que cela : ceux qui font souffrir sont toujours gagnants. 

     

    Je ne pense pas que les harceleurs soient des malades qui doivent se faire soigner. Ils ne savent juste pas comment se faire remarquer. 

    Ils ignorent qu'ils font souffrir leurs victimes. 

    En tout cas, je te remercie. 

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