• C'est avec un très grand plaisir que je vous retrouve pour un nouvel article sur ce peintre génial qu'est Alfons Mucha. Dans l'article précédent, nous nous étions penché sur les débuts de sa carrière et notamment sur ce qui l'a lancé en tant qu'artiste : l'affiche.
    Aujourd'hui, ce qui va nous intéresser est la partie plus "classique" du travail de Mucha, c'est-à-dire la peinture. 

    Le succès de ses affiches et réclames retentissant, des clients demandent à Mucha des tableaux à visée purement décorative. Il entamera alors plusieurs séries sur des allégories comme les saisons, les heures du jour, les fleurs, les arts, et les pierres précieuses. 

    Alfons Mucha, un artiste complet : deuxième volet.

    Ici les fleurs : La Rose, L'Iris, L’œillet, Le Lys. Vous ne trouvez pas que ça sent beau ?

     

    Alfons Mucha laisse éclore les courbes avec un élan formidable : les jeunes femmes libèrent leur corps (alors que socialement le port du corset et la pudeur sont de mise), la nature riche et foisonnante éclate autour d'elles. Les unes et l'autre se subliment et finissent par ne faire qu'une. 

     

    Alfons Mucha, un artiste complet : deuxième volet.

    Ici les Saisons ; Mucha en fera plusieurs séries. 

     

    Avec ces allégories, on note le début de l'attrait de Mucha pour le symbolisme et la spiritualité ; choses qui prendront une place très importante pour lui dans la suite de son travail. On peut notamment souligner une des séries La Lune et les Etoiles, dont les couleurs et la lumière très particulières annoncent un des gigantesques panneaux de son dernier projet L'épopée Slave, que vous pouvez apercevoir ci-dessous (nous en parlerons bien sûr plus longuement dans un prochain article).

     

    Alfons Mucha, un artiste complet : deuxième volet.

    La Lune et Les Etoiles 

     

    Les Slaves dans leur site Préhistorique. 

     

    Il est déjà l'heure de nous quitter (je sais, je suis autant déçue que vous !), mais je peux vous dévoiler le thème du troisième volet : Mucha et la décoration. Vaste programme ! 
    Je vous avais dit dans le premier volet que dans cet article j'aborderais le sujet de l'Art Nouveau, mais vu la richesse de ce courant artistique, j'ai décidé d'en faire un article à part entière qui sera certainement le dernier du dossier.

    En attendant je vous dis à très bientôt :) 

     

     

     


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  • À l'occasion de l'exposition consacrée à cet artiste au Palais du Luxembourg du 12 septembre 2018 au 27 janvier 2019, il nous a paru évident d'en faire une série d'articles. Un dossier, oui. Mucha a travaillé dans tellement de domaines différents que résumer cela en un seul article ne lui rendrait pas honneur. Nous vous proposons donc aujourd'hui de découvrir ou redécouvrir le travail d'Alfons Mucha, l'affichiste. 

    Un tout petit point de biographie : il est né en Moravie (actuelle République Tchèque) en juillet 1860. En 1875 il est candidat à l'Ecole des Beaux-Arts de Prague où il sera... refusé ! Eh oui ! Comme quoi, ce n'est pas parce qu'on est pas reconnu.e des institutions qu'on a pas de talent ! 
    Quelques années plus tard il part à Vienne, et commence déjà à travailler comme décorateur. Il finit sa formation dans différentes Académies à Paris, et commence à illustrer un magazine de théâtre où il peindra Sarah Bernhardt (une actrice qui mériterait un article à elle toute seule pour son caractère avant-gardiste) pour la première fois, dans son rôle de Cléopâtre. Cette femme forte sera une des clés du succès d'Alfons Mucha. 

    En effet, le 24 décembre 1894, elle le sollicite pour créer l'affiche de son spectacle Gismonda, dont voici une image : 


    (C'est beau hein ?) 
    Credit : Pictorem.com

    Dès début janvier, les murs de Paris se couvrent de cette affiche, et les gens aiment tellement ce nouveau style que certains vont jusqu'à les découper sur les murs pour les ramener chez eux ! Mucha casse en effet les "codes" de la publicité de l'époque : celle de Gismonda est longue, très étroite, avec des couleurs pastels et des lignes courbes. Jusque là, l'art de l'affiche se devait d'être criard et aguicheur, forcément, il fallait appâter le chaland ! (Note : les couleurs sur l'image ci-dessus ont été rehaussées) 

    Sarah Bernhardt aime tellement cette affiche qu'elle engage Mucha pour 6 ans à l'illustration de ses spectacles, mais aussi des décors et des costumes. Il illustrera La Dame aux Camélias, Médée, Lorenzaccio, Hamlet... 

     

       

    Crédits photos : Wikipédia et www.mucha.cz/fr/exposition

    En même temps qu'il collabore avec l'actrice, il signe un contrat avec l'imprimerie Champenois, et illustre différentes publicités, allant de la marque de papiers à cigarettes JOB, les Bières de la Meuse, du chocolat, du Champagne, des savons ou des boîtes de biscuits Lefèvre-Utile (que nous connaissons actuellement sous la marque... LU !). 

      

    Son style, mêlant femmes et nature dans un mouvement toujours courbe, volontiers orientalisant avec des arabesques, est reconnaissable entre tous, et mène à la création d'un nouveau courant artistique : l'Art Nouveau.
    Ses affiches sont vendues sans les textes publicitaires, simplement pour la beauté de l'oeuvre. Mucha peindra alors des allégories : les saisons, les arts, les pierres précieuses... Pas de panique, nous en parlerons plus longuement dans le prochain article ! 

    La consécration arrive lorsqu'il crée l'affiche du Salon des Cent, un salon de dessin et d'estampes. Le Salon lui propose d'exposer seul, et c'est à partir de cette dernière qu'il connaît un succès international : il expose à Prague, Vienne, Budapest, Munich, Bruxelles, New-York et à Londres. 

    Je ne sais pas vous, mais nous, on dit "Monsieur !". 

     

     


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